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prénom du mercredi 5 nov. Eloi
Eloi habitait tout près de chez moi
C’était un homme « de la haute » comme on disait ici
Revers de fortune, revers de médaille
Un jour il avait tout perdu, même la raison.
Alors, peut-être pour encore dominer la situation,
Il est allé habiter au sommet d’un château d’eau désaffecté.
Son repère, son aire où il pouvait voir au-delà de la terre.
Il descendait une fois par mois faire provision de nourritures et de boissons.
Eloi buvait disait-on autour de moi, pour oublier et s’envoler.
Moi, je pensais que tout là-haut sur son circulaire balcon,
Il buvait la lumière, observait au loin
Et assistait à chaque lever et à chaque coucher du soleil…
Oui, je me l’imaginais bien
Boire la lumière
Embrasser le paysage
Le manger du regard
L’aimer à en perdre la raison.
Se pencher pour boire encore et encore
Et voir alors tous les soleils
Dans un ciel jamais bleu
Comme il l'était sur sa campagne ensoleillée.
Boire la lumière du soir
Puis un jour se suffire et vivre de clarté sans manger ni boire
Et sentir l'euphorie gagner son cœur
Entrer en lui
Se souler du plaisir solitaire
Puis s'envoler comme feuille froissée
Planer au dessus de cette calme rivière qui serpente en bas
Où les reflets d'une enveloppe abandonnée
Souffle les âmes au bord de l'ultime voyage.
Est-ce mon imagination qui un jour à fait
Qu’Eloi n’est plus descendu de son grand mirador ?
Il s’est mis à vivre sans manger ni boire
Et il a atteint cette limite, cet ultime ciel
Cet horizon sans retour...
Etrange fin ;
Dans le village tout le monde a dit qu’Eloi était un illuminé
Et moi, ça, je le crois.
Jamadrou © 5 nov. 14 (A fleur de peau ... extrait)
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