Celle qui parlait à l'oreille de la terre.
sur ma table fendue, un caillou : mon monde...

Enfin, elle a su comment faire.
Elle a mis son oreille
Contre la pierre
Sous la lumière du soleil
Dans un rayon de lune.
Elle a entendu les cris de la terre
Les murmures du monde
Les lamentations des hommes
Le souffle du vent
Le chant du rossignol
Elle a vu les beautés du monde.
De quelque part, de toute part et de nulle part
elle a entendu le monde chanter
Accompagner par un piano magique
qui jouait le silence sur des touches "noir et blanc".
De quelque part, de toute part et de nulle part
elle a entendu le monde crier
Accompagner par un piano tragique
qui jouait la douleur sur des touches sans couleur.
De toute part elle était de nulle part
elle ne se sentait plus faire partie de ce monde
elle se sentait devenir peureuse insoumise
dans un monde où trop d'indifférences sont commises
dans un monde où tant de forces diaboliques
poussent à l'ignominie à la haine et à l'intolérance.
En entendant les cris de la terre
il ne lui restait plus qu'à se taire
et a laisser couler des larmes entières.
Dans le silence de sa nuit, elle espère.
Elle écrit instinctivement
chaque matin que la terre lui donne
son espoir en mots de couleur
et son désespoir en mots noirs jusqu'au soir.
Ce soir, elle n'est plus seule, elle a vu la terre l'entendre...
photo d'une création d'artiste?

Jamadrou © oct/2013 mai/2014 (Cris et murmures: extrait)
"Sans imagination, il ne pourrait y avoir création." A. Jacquard.
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