
Dans cette forêt du souvenir
Où un tout jeune homme
Les mains appuyées contre un tronc
Pleurait.
Je me suis mise à rêver
Et j’ai vu alors
Des petites âmes
Pas plus grosses qu’un écureuil
Sans aucune larme à l’œil
Grimper de branche en branche
Agiles et toute blanches
Pour atteindre le sommet
Elles n’ont pas l’air pressées
Elles prennent le temps
D’encore regarder
D’encore saluer la terre
Elles semblent tranquilles.
Arrivées au sommet
Vous savez ce qu’elle fait
La petite âme transparente
Amie du beau jeune homme ?
Elle se transforme en oiseau
Et s’envole haut dans le ciel
Et j’entends chanter piailler là-haut.
Le jeune homme s’en va
Ses deux mains dans le dos
Il ne pleure plus
Il me regarde, me fait un sourire
Il a bien vu que j’avais pris une photo
Et dans ses yeux moi j’ai senti
Que lui aussi a vu les écureuils
Que lui aussi a vu un bel oiseau s’envoler.
Dans la forêt du repos
Des âmes s’agitent et grignotent les pommes de pin
Des oiseaux chantent et volent à la cime des sapins.
Alors j’ai continué mon chemin.
Mais vous qui me lisez
Dites-moi
Quand les arbres mourront
Que feront leurs âmes ?
jamadrou © 12 janv. 21h / 2014 (Effleurer la vie... )
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