Le jardin mouillé. Henri de Régnier

A petit bruit et peu à peu,
Sur le jardin frais et dormant,
Feuille à feuille, la pluie éveille
L'arbre poudreux qu'elle verdit;
Au mur on dirait que la treille
S'étire d'un geste engourdi.
L'herbe frémit, le gravier tiède
Crépite et l'on croirait, là-bas,
Entendre sur le sable et l'herbe
Comme d'imperceptibles pas.
Le jardin chuchote et tressaille,
Furtif et confidentiel;
L'averse semble maille à maille
Tisser la terre avec le ciel.
Henri de Régnier
Tu as vraiment raison Henri
Ce tissage entre terre et ciel
Couvre mes roses de gris
Ta métaphore est super belle…
Je vois les mailles du filet
Reliant le ciel aux roses tristes
Robes froissées par les regrets
Roses pleurent le soleil artiste
Qui les fait rougir de plaisir
Déchire l’étoffe de leur cœur
Ouvre leur corolle par désir
Prend leur fraîcheur comme un voleur.
A lui elles offrent parfum subtil
A la pluie une tête défraîchie
Demain lavées des jeux futiles
Elles vont s’ébrouer sans chichi.
Au jardin…
Qu’il pleuve ou qu’il fasse soleil
Les jeux d’amour et de hasard
Mettent tous les sens en éveil
Et font bien rire les lézards !
jamadrou le 7 mai 8h
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