J’ai le temps…
J’ai avec le temps qui passe et celui qui est passé, une relation un peu ambiguë;
je prends le temps à bras le corps, le sert si fort dans mes souvenirs,
que le temps sait que je l’aime comme un petit enfant.
Mais, quelque fois je fais de ce temps qui se donne à moi, mon amant.
Celui qui me fait jouir et qui m’emporte par delà l’espace,
dans cette quintessence du monde des sensations.
Libre de mon temps, organisatrice de mon temps libéré,
que j’accueille comme bénédiction jubilatoire, j’en profite de maintes façons.
Aujourd’hui, savez-vous ce que j’ai fait avec lui ?
Oh ! Rien de glorieux, juste comme une mise en valeur du rien faire,
même mieux que ça, je me suis laissée aller à prendre le temps de l’ennui.
Et j’ai goûté le mélange sucré amer d’une guimauve d’ennui
qui colle au palais comme un caramel mou.
Vous vous souvenez, le caramel au beurre salé ?
Salé avec ce sel de Guérande brut et gris qui parfume les morceaux de vie…
Oui, j’ai appris et je sais prendre le temps de l’ennui.
En nuit en plein jour quand de toute part le monde court
et s’active et oublie qu’un jour notre temps s’arrêtera pour toujours
et qu’alors commencera un long ennui dans le noir d’une éternité (à suivre ….)
jamadrou 8 mai
"Les hommes disent que le temps passe.
Le temps dit que les hommes passent."
Proverbe indien.
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